Herbert : "Je suis capable de tenir la baraque"

Publié le 03/05/2018 à 08:29 - Mise à jour le 03/05/2018 à 09:57

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Herbert : Pierre-Hugues Herbert et la Coupe Davis de passage à Strasbourg

Temps de lecture : 11 min

Il a fallu trouver un moment dans le calendrier frénétique d'un joueur de tennis. Mais Pierre-Hugues Herbert, né à Schiltigheim, élevé au tennis à Lampertheim, façonné à Strasbourg, tenait absolument à fêter la Coupe Davis remportée avec les Bleus en novembre dernier avec ceux qui l'ont toujours soutenu. Une réception était donc organisée à l'hôtel de ville de Strasbourg, et c'est là qu'on a pu croiser P2H. Avec toujours la même fraîcheur.

 

Pierre-Hugues, il y avait beaucoup d'émotions lors de cette cérémonie... Qu'est-ce que ça fait de retrouver ces gens qui t'ont soutenu depuis le début ?

C'est certain, il y avait beaucoup d'émotions, beaucoup de têtes que je n'avais pas vues depuis longtemps et qui m'ont apporté dans ma vie et dans ma carrière de joueur. On est tout seul, on voyage, on prend son baluchon, on part jouer au tennis, on se bat, on fait des sacrifices... On met un peu sa vie personnelle de côté, et de pouvoir fêter - en faisant venir la Coupe Davis - avec des têtes qui ont toujours été à mes côtés et pour qui je me bats indirectement, c'est sûr que ça fait remonter des émotions, ça fait plaisir.

Tu viens de signer le livre d'or... Après Barack Obama...

Obama il l'a signé ? Macron aussi ? Ah ouais... Je pense pas être au niveau du président Macron, mais en tout cas, c'est un vrai honneur, une vraie fierté... C'est ce que j'ai mis dans le livre d'or, que c'est une vraie fierté de pouvoir arborer les couleurs de cette région, de Strasbourg partout dans le monde.



On a presque l'impression que c'est la fin de ta carrière cet hommage !

Non, non ! C'est pas la fin de ma carrière ! Mais après la finale de la Coupe Davis, je suis vite reparti dans la saison 2018, avec des objectifs, et ça fait trois mois que j'ai la tête quasiment sous l'eau, que je me bats pour trouver quelques heures pour fêter avec des gens qui m'ont toujours soutenu, en plus à une époque où j'étais encore un enfant. Ça fait remonter des choses, mais non, je suis très loin de la fin de ma carrière.

Comment s'annonce cette saison 2018 ?

La première partie de saison est extrêmement positive : j'ai gagné plus de matchs en trois mois que sur toute l'année 2017 ! L'objectif, ça va être de continuer là-dessus, de ne pas se blesser pour faire une saison complète, et on verra après... Je sens que je suis en progrès, mais on va voir si ces progrès vont m'amener plus haut au classement.

Roland-Garros approche... Dans l'imaginaire du tennis français, il y a besoin de faire une grande performance à Roland pour s'ancrer dans une tradition, celle des Noah, Boetsch, Paul-Henri Mathieu... Un coup à Roland-Garros, c'est un passage obligé ?

C'est certain que Roland-Garros, ce serait incroyable d'arriver à bien jouer... C'est l'objectif principal de la saison quand t'es un joueur français ! C'est le Grand Chelem à la maison, on est devant notre public, on a envie de performer... Il n 'y a eu qu'un seul vainqueur français sous l'ère Open, c'est Yannick (Noah). C'est certain qu'on aimerait pouvoir ajouter un autre vainqueur, mais il va falloir encore un petit peu progresser (sourire).

Qu'est-ce qui a changé depuis la victoire en Coupe Davis ?

Beaucoup de choses. D'abord au niveau personnel, j'ai beaucoup appris sur moi-même. J'ai l'impression d'avoir pris 5 ans en une semaine tellement j'ai vécu des choses intenses. Après, derrière, ça a un peu augmenté ma notoriété, mais ce n'est pas le plus important. C'est surtout que ça m'a fait grandir, que ça m'a fait réaliser que dans des conditions extrêmes, je suis capable de tenir la baraque, et de me contrôler, contrôler mes émotions, et aller chercher des points importants pour la France. On a une demi-finale à jouer (en septembre contre l'Espagne, ndlr), qui peut être incroyable, avec ce saladier... On ne sait pas si cette compétition va encore exister l'année prochaine*, et ça rend cette édition encore plus importante que l'année dernière.

Est-ce que tu échangerais cette Coupe Davis contre celle de Roland-Garros ?

Euh...nnnnon. Par contre je veux bien les deux.

 

* Un projet de réforme a été avancé pour réunir la compétition sur une seule semaine, avec toutes les équipes, sous forme de tournoi. Cette réforme provoque un débat très agité.

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