Le premier réacteur de Fessenheim arrêté ce samedi

Publié le 22/02/2020 à 05:52 - Mise à jour le 22/02/2020 à 10:02

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Le premier réacteur de Fessenheim arrêté ce samedi Le réacteur n°1 de la centrale de Fessenheim sera stoppé ce samedi 22 février à 2h30 du matin. / @wikipedia

Début de la fin pour la centrale de Fessenheim ! Le décret actant sa fermeture définitive a été publié ce mercredi au Journal Officiel. Ce samedi, le réacteur n°1 de la centrale nucléaire est définitivement arrêté. Il s'agit de la première étape du démantèlement de la centrale de Fessenheim. Le deuxième réacteur sera arrêté le 30 juin. 

Jean-Luc Cardoso, technicien d'exploitation à la centrale, représentant CGT, revient sur ce qui est pour lui, une hérésie :

C’est le début d’une nouvelle hérésie ! On va faire un démantèlement qui ne va pas être exemplaire du tout comme cela a été soi-disant promis aux exploitants. (...) C’est un gâchis industriel, c’est un gâchis environnemental, c’est un gâchis social, c’est un gâchis au niveau de la sûreté. C’est un gâchis total. C’est ce qu’on appelle du perdant-perdant. Personne n’a à gagner à arrêter les tranches de Fessenheim. Si c’était pour des raisons techniques ou de sûreté, validées par l’Autorité de sûreté nucléaire qui nous dit voilà vous avez un matériel obsolète. Là, il n’y aurait pas de problème. Or, là il n'y a rien.

Quid des emplois ?

Élisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique, a assuré ce mercredi qu’il n’y aurait pas de perte d’emploi avec la fermeture de Fessenheim. C'est faux pour Jean-Luc Cardoso, pour qui la fermeture de Fessenheim entraînera une perte d'emplois considérable :

Tout le monde sait que l'exploitation pour les deux tranches de Fessenheim c’est entre 1 100 et 1 200 salariés. Et tout le monde sait que dans 5 ans il n’y aura que 10 % des effectifs. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs. L’engagement qu’avait pris le président de la République de maintenir l’ensemble des emplois sur Fessenheim ne sera pas tenu. Demain, on va arrêter la tranche une de Fessenheim, après-demain cela sera la tranche numéro deux. Dans ce laps de temps, il n’y aura aucune création d’emploi pour compenser les emplois qui vont être perdus instantanément quasiment avec la mise à l’arrêt des deux tranches de Fessenheim. On va avoir environ deux cents à trois cents personnes qui vont partir dans les deux ans qui viennent.

Jean-Luc Cardoso explicite ce gâchis environnemental que représente pour lui l'arrêt de la centrale de Fessenheim :

Les centrales nucléaires rejettent très peu de CO2 et de matières en suspension. Or, on sait tous que le problème actuel, c'est le réchauffement climatique. Les principaux facteurs du réchauffement climatique sont le CO2 et les matières en suspension. Ce n'est pas le cas des centrales au charbon des Allemands. Aussi pour les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques, il faut savoir qu'il faut extraire des minerais à l'autre bout de la planète. Et puis, il faut les remplacer bien plus souvent qu'une centrale nucléaire. Un panneau photovoltaïque a une durée de vie de 25-30 ans grand maximum. Une éolienne, c'est autour d'une vingtaine d'années. Pour une centrale nucléaire, la durée de vie, c'est plutôt aujourd'hui autour d'une soixantaine d'années.

Mise en service en 1977, la centrale aurait pu continuer à fonctionner selon Jean-Luc Cardoso :

La centrale nucléaire de Fessenheim aurait pu continuer à être exploitée si on avait fait les travaux. Mais comme les travaux n’ont pas été fait, évidemment qu’on ne peut pas continuer à exploiter. (...) C’est tout simplement une bêtise.

Si le représentant CGT Jean-Luc Cardoso regrette cette fermeture, l’arrêt programmé du réacteur a été salué par le Réseau Sortir du Nucléaire via un communiqué paru ce mercredi :

Nous nous réjouissons de cette avancée, résultat de plus 50 ans de mobilisation dans la vallée du Rhin et partout en France. Vieille, enchaînant les pannes, vulnérable par son implantation en zone sismique et en contrebas du grand canal d’Alsace : la centrale nucléaire de Fessenheim cumulait les risques. Sa fermeture était un impératif pour éviter un accident.

Retrouvez en intégralité l'interview de Jean-Luc Cardoso :


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