Premier roman best-seller : rencontre avec Olivia Ruiz

Publié le 10/09/2020 à 13:35 - Mise à jour le 10/09/2020 à 20:28

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Premier roman best-seller : rencontre avec Olivia Ruiz Rencontre avec Olivia Ruiz à l'occasion de la sortie de son nouveau roman "La commode aux tiroirs de couleurs". / @TopMusic

Olivia Ruiz nous présente son premier roman "La commode aux tiroirs de couleurs", qui s'est déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires. Interview d'Olivia Ruiz, lors d'une séance dédicace à l'Aedaen Gallery ce mercredi 9 septembre à Strasbourg avant sa participation à l'événement les "Bibliothèques idéales".

Olivia, c'est un roman plein d'émotion qui revient sur tes origines espagnoles.

Oui, c’est tout à fait cela. On va dire que mes origines espagnoles sont uniquement le point de départ. Dans ma famille, peu ont été capables de libérer leur parole sur le sujet, même si trois de mes grands-parents ont immigré pendant la guerre de Franco. C’était une façon de leur rendre hommage sans les forcer à eux-même revisiter leurs souvenirs pour pouvoir me les transmettre.

L'héroïne écrit dans le roman : "Entendre et parler espagnol, c’est fredonner l’air de ma première berceuse. C’est redevenir l’enfant que j’ai été, c’est être vraiment au plus près de ce que je suis".

Je ne sais pas si c’est être au plus près de ce que je suis dans les faits. En tout cas, ma sensation elle est là. C’est ma petite mythologie intérieure. Je sais pas si c’est réel, c’est simplement ce qui me permet à moi d’avancer.

La abuela, la communauté, on aime faire la fête sur la place du village devant le café… on ressent vraiment la culture espagnole dans ton roman. 

Pas que la culture espagnole, mais la culture occitane aussi. Je crois que c’est autant un hommage aux Espagnols qu’aux Occitans puisque cette famille espagnole, comme beaucoup de familles d’immigrés, va atterrir dans ce sud qui, difficilement, va finir par ouvrir les bras.

Le thème fort, c’est l’exil dans ce roman ?

Oui, c’est la quête identitaire avant tout. Comment est-ce qu’on peut se construire en ayant vécu ce que je compare à une amputation d’une jambe, qui est l’exil. On ne devrait pas avoir à faire ses preuves pour être accueilli dans un pays à partir du moment où on quitte le nôtre simplement pour ne pas mourir.

Quelle est la citation que tu aimes reprendre dans ton roman, qui marque les esprits ?

Celle qui revient en tout cas souvent dans les bouches des lecteurs, c’est "le silence c’est fait pour être tu". Et toute la citation qui va avec, avec la fille de l’héroïne Rita qui lui dit "Non maman je ne veux pas connaître le secret que tu as envie de me révéler".

J’ai lu que tu as chez toi une commode aux tiroirs de couleurs. C’est un objet de transmission pour ton fils ?

Je l’ai faite fabriquer à l’issue de la sortie du roman, effectivement pour pouvoir la remplir pour mon fils. On ne peut pas écrire un livre pareil et ensuite ne pas mettre en place le nécessaire pour que si son petit gars ait un jour envie de fouiller, il ait la possibilité de le faire.

Je te cite : "Une commode bien gardée et bien remplie, ça rend l'imagination des enfants incroyablement fertile".

C’est une citation du livre. C’est le personnage qui dit ça. J’en aurais rêvé, bien sûr. C’est un fantasme cette commode. J’aurais rêvé qu’une de mes grand-mères m’offre la possibilité, par des écrits ou par des objets, de rentrer dans son histoire.

Ce soir aux "Bibliothèques Idéales", tu seras sur scène. Tu vas lire des extraits de ton roman. Seras-tu accompagnée de musiciens ?

Je serai accompagnée de deux de mes musiciens. Effectivement avec quelques petites incartades chantées, parce que c'est trop agréable. C’est 50 minutes d’extraits : comme un petit voyage dans la commode d’une façon assez aléatoire. J’ai pioché dans des chapitres, au gré de mes envies ou des choses qui me semblaient peut-être un peu plus cruciales.

Quand tu regardes dans le rétroviseur, la Star Academy puis les cinq albums dont "La femme chocolat" :  ce roman,  La commode aux  tiroirs de couleurs, on peut dire que c’est la consécration pour tes 40 ans ?

J’ai vendu trois millions d’albums : j’ai eu de belles consécrations avant ces 100 000 exemplaires. Moi je suis heureuse de tout ce que je fais. À partir du moment où je décide de faire quelque chose, c’est que j’en meurs d’envie et que c’est ça qui va me rendre digne de la chance que j’ai de pouvoir le faire. J’aurais pu te dire la même chose sur la comédie musicale "Volver" il y a trois ans, où j'ai pu allier mes deux arts, la musique et la danse. Je ne me sens jamais consacrée. C’est pour ça que je me remets en question et c’est pour ça que peut-être je continue à être performante. Je pars du principe que lorsqu’on se croit arrivé, on devient un piètre artiste.

Quels sont tes prochains projets ? Des projets dans le cinéma, la chanson ?

J'ai plein de projets mais en l’occurrence le plus proche est la tournée "Bouche-Cousue". C’est un spectacle concert mis en scène par Jérémie Lippmann, que j’ai écrit sur les mêmes thématiques que la commode même s’il n’a rien à voir. Sur le silence, la transmission et la quête identitaire par le prisme de mes chansons, qui depuis presque 20 ans tournent autour de ce sujet et autour des chants qui ont marqué tous les Espagnols de France soit par le biais du cinéma soit parce qu’ils ont été écrits dans des camps, soit parce qu’ils ont été des chants révolutionnaires célèbres.

Tu viens souvent en Alsace, nous rendre visite à Strasbourg. Tu aimes l’Alsace ?

J’adore cette ville et parmi mes collaborateurs les plus proches, il y a les Weepers Circus, qui est un groupe culte de la scène strasbourgeoise avec qui j’ai partagé beaucoup de moments importants, qui a mes débuts m’ont donné leur première partie, qui m’ont offert une chanson sur un sujet sur lequel je n’arrivais pas à écrire… Le voilà, mon lien fort à cette ville. Et bien sûr, c’est beau tout simplement. La cathédrale me fait toujours le même effet bouleversant, alors que c'est peut-être la 30ème fois que je viens.

Tu vas y retourner aujourd’hui, voir la cathédrale ?

C’est impossible d’être ici sans y passer. Même si c’est à 1h du matin en sortant du restaurant, parce que la journée sera trop remplie. Je passerai devant ce soir, c’est sûr !

Retrouvez l'intégralité de l'interview au micro d'Anne-Sophie Martin : 

 


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