Clément Noël à l’assaut des Jeux Olympiques
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Réuni avec Julia Nirani Pereira et Kevin Aymoz pour présenter sa candidature de porte-drapeau, Clément Noël a affiché une franchise singulière. Peu adepte du jeu « politique », le champion olympique de slalom souhaite avant tout vivre l'expérience des Jeux dans sa globalité et honorer ses racines vosgiennes en inspirant la nouvelle génération. Pour lui, porter le drapeau est une opportunité magique mais ne doit pas occulter la performance sportive.
Clément Noël : Je fais du ski alpin, ce seront mes troisièmes Jeux Olympiques. J'ai 28 ans, j'ai été champion olympique en 2022 à Pékin, 4ème en 2018 à Pyeongchang sur ma discipline qui est le slalom. Je ne suis pas hyper fan du concept de candidat politique, du « votez pour moi ». Tout simplement, c'est le système qui est comme ça et c'est pour ça que je me suis présenté, parce que c'est une belle opportunité que de pouvoir porter le drapeau, d'amener une délégation. J'ai toujours été assez fan de l'esprit olympique globalement. J'ai vécu toujours des très beaux Jeux Olympiques et malgré le Covid à Pékin et cetera, je trouve qu'il y a une magie, une ambiance, il y a quelque chose qui change vraiment de ce qu'on a l'habitude d'avoir sur nos compétitions traditionnelles. Et tout est un peu plus grand, tout est un peu plus magique. Donc les Jeux ça me parle beaucoup, c'est une compétition qu'on attend avec impatience et ce serait un grand honneur que de pouvoir amener la délégation derrière moi. Alors je ne sais pas si j'ai forcément les épaules d'un leader ou quoi que ce soit. Simplement voilà, il n'y avait pas grand-chose à faire pour poser la candidature et je me suis dit : "Pourquoi pas ?" J'ai des résultats qui sont plutôt cools et si les gens veulent bien que je les représente, tant mieux, sinon ce sera quelqu'un qui le fera très certainement tout aussi bien, voire mieux.
TopMusic : Ne craignez-vous pas de perdre un peu d’énergie dans votre rôle de porte-drapeau dans votre préparation des compétitions, notamment avec la cérémonie d’ouverture ?
CN : Je pense que c'est une compétition atypique et globalement je n'ai pas forcément envie de faire exactement la même chose que j'avais fait il y a quatre ans, même si cela avait très bien marché. Je suis quelqu'un de différent, j'ai quatre ans de plus et la dernière fois je n'avais pas fait de cérémonie d'ouverture, j'étais arrivé assez tard sur le site des compétitions. Je pense que cela me manquerait dans ma carrière de ne pas vivre cette cérémonie d'ouverture, de ne pas vivre l'expérience olympique au global, porte-drapeau ou non.
Je pense qu'il faut savoir le gérer et ce n'est pas tout rose non plus, et on ne va pas dire "ça va me booster et je vais être encore meilleur". Il faut simplement l'intégrer dans nos programmes, essayer d'arriver avec de la fraîcheur, essayer de se servir de cette petite étincelle, cette petite magie supplémentaire que peuvent apporter ce genre de rôle ou ce genre d'événement qui peuvent nous pousser à être meilleurs ou non. Mais en tout cas, moi, c'est un truc que j'ai envie de faire donc si j'ai envie de le faire, bah je vais essayer de gérer au mieux avec les choses qu'on a à faire mais globalement ça ne me fait pas peur.
TopMusic : Va s’ouvrir une sorte de « campagne » pour les prochaines semaines. Comment cela va se passer pour vous, vous allez donner des coups de fil à vos collègues de l’Équipe de France ? Quel argument allez-vous mettre en avant : le parcours, le palmarès, l’histoire avec les JO, comment cela va s’articuler pour vous ?
CN : Je n’ai rien à vendre et surtout aux autres athlètes. Ils choisiront en leur âme et conscience, s'ils ont envie de me voir porter le drapeau, tant mieux, j'en serais honoré. C'est encore une fois un petit kiff de carrière de se dire "j'ai été porte-drapeau aux Jeux Olympiques". C'est presque une question d'ego. J’ai toujours aimé les Jeux Olympiques, ça m'a toujours fait rêver quand j'étais jeune et ça me fait encore rêver. Donc pourquoi ne pas les vivre pleinement, pourquoi ne pas aller jusqu'à porter le drapeau et avoir un rôle un petit peu important dans la délégation française. Voilà, je ne vais rien leur vendre, il y a plein de gens qui se présentent qui ont tout à fait leur place et qui en tout cas transportent de belles valeurs. Donc il n’y aura pas une énergie folle dépensée dans cette campagne, d'autant plus que le mois de janvier est encore bien chargé pour moi avec pas mal de compétitions. D'abord le ski, d'abord la performance, et si on m'aime bien, on votera pour moi, si on préfère quelqu'un d'autre, ce sera quelqu'un d'autre. Mais c'est une belle opportunité qui est devant nous, donc on le fait et on essaie de le faire bien.
TopMusic : Si vous êtes sélectionné comme porte-drapeau, est-ce que ça vous apportera une pression au niveau sportif et au niveau des résultats ?
CN : La pression il y en aura, c'est les Jeux Olympiques. C'est une fois tous les quatre ans, c'est "one shot" et je sais que j'aurai la pression, je sais que ce sera une journée qui sera intense quoi qu'il arrive avec beaucoup d'émotions, beaucoup de stress, d'appréhension, peut-être de soulagement, peut-être de frustration, peut-être de grand bonheur. Mais en tout cas, ce sont des moments hyper intenses qu'on a envie de vivre en tant qu'athlète de haut niveau. Donc un peu plus, un peu moins, ça ne changera pas grand-chose. Ce qui m'importe, c'est la manière dont je vais aborder la course et le résultat que j'aurai à la fin de la course évidemment. Je pense que je n’aurai pas du tout en tête d'être porte-drapeau ou quoi que ce soit. Globalement, peut-être que les médias en feront une différence, mais pour moi, la différence est infime et je me focalise sur ce que j'ai à faire et ma performance.
TopMusic : Clément vous êtes un enfant des Vosges, c'est là où que tout a commencé pour vous. Être porte-drapeau c'est quand même un rôle honorifique comme vous l'avez dit qui est toujours un plus dans une carrière. Si vous étiez élu, quel message vous aimeriez faire passer aux jeunes skieurs du massif vosgien qui vous regardent aujourd'hui comme un modèle ?
Clément Noël : C'est vrai que j'ai un parcours qui est assez atypique, je viens d'un petit massif et j'en suis fier, même si j'ai dû migrer pendant ma carrière vers des montagnes plus imposantes et des stations plus riches. Mais je suis quand même issu de ces petites montagnes et j'aime y revenir, j'aime voir les jeunes des Vosges qui ont des étoiles dans les yeux. Je me dis qu'il n'y a pas si longtemps que ça, j'étais comme eux. C'est aussi le message que j'aime faire passer, on est pareils, juste à des stades différents. Je ne suis pas un super champion qui a toujours été un super champion. J'ai été un jeune dans les clubs, j'ai été dans ce petit massif, j'ai tout fait comme eux. J'ai eu la chance d'y arriver, j'avais peut-être des prédispositions, j'ai aussi pas mal travaillé pour cela. J'ai envie de les faire rêver par mes résultats, par ce que je transporte sur les pistes et par les émotions que j'essaie de faire passer. C'est sûr que pour les gens d'un petit massif comme ça, on a eu assez peu finalement de champions dans le ski, dans le sport d'hiver. Donc de voir ce titre honorifique de porte-drapeau pour quelqu'un de là-bas, je pense que ça pourrait leur faire plaisir et faire rêver des jeunes et peut-être susciter des vocations. Après chacun a son histoire et chacun fait rêver les gens qui les regardent. Donc moi pas forcément plus qu'un autre, mais en tout cas les gens des Vosges, j'espère qu'ils seraient fiers de voir qu'on les représente bien, c'est ce que j'essaie de faire.
TopMusic : On se demandait si quand vous vous êtes déclarés, vous avez hésité en disant : "Mince, si je suis porte-drapeau je ne pourrais pas l'être à la maison en 2030". Est-ce que c'est intervenu à un moment dans votre réflexion ?
CN : Je n’y ai pas beaucoup pensé. C'est une opportunité qui se présente maintenant. Dans quatre ans, on ne sait pas si on sera toujours aussi performants, si on sera là, dans quel état on sera. Aujourd'hui je devrais être présent et en forme, je l'espère, sur ces Jeux Olympiques. Donc pourquoi pas. Au début, quand on a parlé de ces candidatures, je n'étais pas forcément chaud. Dans le ski alpin, j'aurais aimé qu'on soit représentés par Alexis Pinturault. ce sera sûrement ses derniers Jeux et il a une belle histoire avec. C'est le skieur français qui a gagné le plus de Coupe du Monde de tous les temps, donc une vraie légende de notre sport. Je lui en avais parlé et lui avais dit que ce serait cool que ce soit lui mais il a dit : "Non, ça ne m'intéresse pas". Je me suis dit que s'il fallait représenter le ski alpin, je pense être plutôt bien placé pour le faire. Mais j'espère en tout cas être présent en 2030. Avec un drapeau, sans drapeau, pour courir à la maison. C'est ce qu'il y a de plus important, ce qu'il y a de plus beau. Ceux qui ont fait les Jeux de Paris ont vu la chance que c'était de concourir à la maison et je pense que ça va être de très beaux moments et j'espère pouvoir avoir la chance de le vivre. Pour l'instant je suis là, je fais du ski, je kiffe ce que je fais et on verra la suite.
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Natif de Metz ( et oui ça arrive !), Martin ANTOINE est passé par la Normandie et Paris avant de rejoindre l'Alsace. Formé dans une école de journalisme de la capitale, il a commencé par la radio avant de collaborer avec plusieurs titres de presse écrite. Martin a rejoint Top Music en 2021 pour présenter les flashs de la matinale dans "On est Tous Debout". Une émission à laquelle il participe chaque matin. Depuis août 2024, Martin est également le Directeur de l'Information de la radio.
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