Aquaponie : quand les déjections des poissons font pousser des fruits et légumes

21 mai 2019 à 10h20 par Rédaction

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Le système aquaponique qui fait pousser des plantes grâce aux poissons. Photo /@Infographie Ugo Bagn

L'aquaponie est une activité agricole hors-sol développée grâce à la chaleur récupérée d'une centrale biomasse et aux rejets des poissons. L'aquaponie s'installera en fin d'année 2020 au Port autonome de Strasbourg. 

Des poivrons, tomates, courgettes, choux, salades et fraises pousseront grâce à l'aquaponie. C'est la contraction de l'aquaculture et de l'hydroponie. Le système est plutôt simple : c'est l'action d'élever des poissons et de coupler cet élevage avec la production végétale. En d'autres termes, c'est transférer les déjections des poissons en nutriments pour les plantes à l'aide d'un biofiltre. Naturellement, les plantes épurent l'eau qui est directement renvoyée aux poissons, il y a donc très peu d'eau consommée.  

Une ferme de 9 000 m²

La ferme aquaponique occupera précisément 1,3 hectare sur une ancienne friche idustrielle du Port autonome de Strasbourg. Elle bénéficiera de la chaleur récupérée de la centrale biomasse d'Electricité de Strasbourg. L'Eurométropole de Strasbourg a confié ce projet à Félix Haget, spécialiste en aquaponie, et à un trio d'agriculteurs bio du nord de l'Alsace (Rémy Gilgert, Jean-Philippe Weinstein, Pierre Weinstein). La ferme aura une surface de production d'environ 9 000 m². Cela représente un investissement global de 1,4 à 2,2 millions d'euros. Strasbourg s'inscrit dans une activité écologique du futur qui commence à avoir un franc succès en France.

C'est en train de se développer dans toutes les villes de France, même dans les zones périurbaines. On voit même émerger des projets aquaponiques en milieu rural. Donc ça prouve que l'aquaponie est en plein développement et qu'elle a sa place partout / Félix Haget, spécialiste en aquaponie

La construction de la ferme aquaponique devrait aboutir au plus tard en 2020 et produira jusqu'à 180 tonnes de végétaux par le biais de 50 à 60 tonnes de truites. Par ailleurs cette activité permettra de créer 12 emplois.