Summerlied - Le festival qui vous ouvre au monde

18 juillet 2018 à 10h42 par Sebastien Ruffet

TOP MUSIC
Un festival où il fait bon se promener / @Summerlied

Non, Summerlied n'est pas uniquement dédié à la chanson alsacienne. Le festival défend toutes les cultures et langues régionales, dans un cadre de verdure exceptionnel. Agnès Lohr, la directrice de Summerlied (17-19 août à Ohlungen), défend une idée moderne du patrimoine culturel.

Top Music : On va commencer par cet hommage qui sera rendu à Jacques Higelin, décédé le 6 avril dernier... C'est quelque chose qui s'est imposé ?

Agnès Lohr : On va dire que ça nous est tombé du ciel... On a eu tout de suite pas mal d'artistes régionaux qui ont eu envie de nous accompagner là dessus. C'est une bonne idée, très simple.

Et Higelin, c'est une figure populaire qui correspond bien aux valeurs de Summerlied.

Oui, Summerlied en alsacien, ça veut dire « chanson d'été ». Et ce qu'on a envie de raconter, ce sont tous ces poètes, tous ces auteurs, chanteurs, qui ont de très beaux textes, et Higelin en faisait partie, évidemment.

Comment ça se gère ?

Ça s'articule autour de deux artistes... Matskat et Alexandre George (ex-Weeper Circus) qui ont réuni pas mal de monde autour d'eux, on vous laisse la surprise... Ils sélectionnent les chansons, et ils vont travailler dessus à leur manière.

Hormis cet hommage à Higelin, quelles sont les nouveautés de cette édition ?

On a toujours ce fil rouge de la mise en valeur des langues régionales, mais on souhaite vraiment la décloisonner. C'est véritablement un festival bien ancré dans les musiques actuelles et les artistes qui chantent dans leur langue régionale le font dans ces musiques-là. Ces langues font partie d'un patrimoine et c'est ce qu'on a envie de raconter, de montrer la diversité de nos cultures, ces mélanges, ce brassage. C'est un peu la réalité partout aujourd'hui. C'est important de savoir d'où on vient pour aller quelque part.

Le lieu est magique, en lisière de forêt [...] Il est mis en valeur sur le thème de "branchez vous", ou plutôt "débranchez vous" !

Et on a aussi l'impression que Summerlied fait partie de ces festivals avec une ambiance particulière...

C'est vrai. C'est un festival très familial, qui veut pas se prendre la tête. On espère faire la meilleure des programmations, montrer la richesse de la scène régionale, mais aussi nationale et internationale. On vient en famille, entre amis, passer du bon temps en forêt... Pour des Strasbourgeois par exemple, c'est l'occasion de sortir du béton ! Le lieu est magique, on est en lisière de forêt, il est mis en valeur par des artistes de la compagnie Tohu-Bohu qui font tout un travail sur le thème de la branche, « branchez vous », ou au contraire, « débranchez vous » ! Il y a des sentiers, des jeux, des animations, tout au long de la journée.

En termes de fréquentation, on en est où ?

L'année dernière, on était à 20 000, avec la particularité d'être gratuit pour toutes les animations. Seules la grande scène et la scène des champs sont payantes. Cette année, il y a aussi la volonté d'ouvrir sur le public strasbourgeois, et le vendredi et samedi on met en place une navette pour faciliter l'accès au festival, qui se trouve à 30 minutes de Strasbourg. Et si on veut rester et faire la fête, il n'y a plus forcément de trains par exemple.

20 000, c'est une bonne jauge ? Jusqu'où peut aller Summerlied ?

Disons qu'avec la grande scène, on pourrait pratiquement tripler sur ces concerts. On est sur une configuration avec places assises, sauf peut-être pour les Fatal Picards et Sanseverino où les gens vont bouger... Mais donc en enlevant les places assises, on pourrait tripler, mais c'est pas forcément l'objectif. On veut rester un festival où on ne fait pas des heures de queue, c'est facile, sympa, familial... Et puis par rapport à la forêt et aux nuisances, c'est important de ne pas grandir trop vite.

Comment on fait pour ne pas être routinier, de ne pas lasser les gens ?

On va travailler sur la programmation. C'est vrai qu'on a des artistes qui reviennent chaque année, mais c'est par rapport au travail qu'ils font sur la langue alsacienne, avec des créations. On va donc surtout renouveler les artistes « hors région ». On va aussi ouvrir sur un public un peu plus jeune. Le vendredi et le samedi, on aura un DJ qui viendra mixer sur des musiques créoles... Donc on reste sur cette défense des cultures régionales.

On continue de défendre l'Alsace, mais celle d'aujourd'hui, pas celle de nos grands-mères, même si c'est important de savoir d'où on vient, encore une fois.

A souligner : Summerlied n'est pas un festival uniquement dédié à la musique alsacienne !

Je pense que certaines personnes n'ont pas suffisamment regardé de près la programmation... Il serait catastrophique d'enfermer l'alsacien – une culture ou une langue – dans un ghetto et de ne faire que ça ! C'est bien par l'ouverture aux autres qu'on s'approprie sa propre culture et qu'on voit à quel point il est important de la conserver. En Alsace, aujourd'hui, il y a énormément de cultures, et on a envie de les questionner. Il ne s'agit pas d'être renfermé sur une idée que nous aurions de notre culture. Ce sont les artistes qui vont en parler. C'est pas à moi directrice de Summerlied de parler à leur place. Ils le feront très bien !


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