Fannyfique, créatrice de contenu alsacienne chineuse de nostalgie

Fannyfique, créatrice de contenu strasbourgeoise
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Créatrice de contenu depuis plus de quinze ans, Fanny Malek, alias Fannyfique sur les réseaux sociaux, a fait de la nostalgie, de la seconde main et de la pop culture des années 1990 sa marque de fabrique.

Un vieux Walkman, un jeu de société des années 90, un vinyle chiné en brocante ou une cassette audio retrouvée au fond d’un grenier… Depuis 2010, Fanny a bâti une communauté fidèle autour de ces souvenirs qui parlent autant aux trentenaires qu'aux plus jeunes, curieux de découvrir un monde d'avant les smartphones. 

« J'avais envie de raconter plein de choses »

À l'époque, Fanny rêvait de raconter des histoires. « J'avais envie de raconter plein de choses, de partager ce qui m'anime », explique-t-elle. YouTube devient alors son terrain d'expression. Au fil des années, elle investit aussi Instagram puis TikTok, où les formats courts lui permettent aujourd'hui de toucher un public plus large. Présente aussi sur la plateforme de live Twitch, elle y retrouve une proximité différente avec sa communauté. Elle y réagit à d'anciennes émissions de télévision, emmène ses abonnés en brocante, joue aux jeux vidéo ou organise des soirées bingo. « Les gens sont en face de moi, je peux leur parler », dit Fanny.

Depuis 2017, elle vit entièrement de cette activité grâce à son auto-entreprise. « C'est un travail et des revenus très aléatoires. Je fais tout toute seule, je filme, je monte... Et c'est mon vrai travail de grande personne », sourit l'Alsacienne de 35 ans. 

La seconde main, bien avant la tendance

Chez elle, la seconde main n'est pas un effet de mode. C'est une habitude héritée de sa mère. « J'ai été biberonnée à ça. Depuis toute petite, on faisait les brocantes. Même mes jouets, je les achetais avec mon argent de poche en vide-greniers ». Vêtements, livres, jeux ou objets du quotidien, aujourd'hui, elle estime que près de 80 % de ce qu'elle possède est issu de la seconde main. « Quand tu te rends compte que pour moins d'argent tu peux avoir un objet presque neuf, c'est bête de passer à côté », dit-elle avec le sourire. Cette manière de consommer se retrouve jusque dans sa vie personnelle. Elle chine pour elle, pour offrir des cadeaux à ses proches et a même entraîné son compagnon « dans le vortex de la brocante », comme elle le dit en riant. 

Une nostalgie qui parle à toutes les générations

Si son contenu séduit autant, c'est aussi parce qu'il accompagne un véritable phénomène de société. Depuis quelques années, les objets des années 1990 connaissent un retour en force. Les réseaux sociaux, mais aussi des séries comme Stranger Things, ont remis au goût du jour toute une esthétique rétro. Les plus jeunes découvrent aujourd'hui les Walkman, les lecteurs de cassettes ou encore les consoles portables comme les analogues qui ont marqué toute une génération. « Je m'adresse autant aux gens de ma génération qu'aux plus jeunes, qui cherchent parfois à revenir à des choses plus simples, noyés par trop de contenu ». Ayant connu la vie avant Internet puis son explosion, Fanny estime avoir « eu de la chance ».

Rester soi-même, malgré les algorithmes

À l'heure où les réseaux sociaux évoluent au rythme des tendances, Fanny préfère suivre sa propre voie : « Quand j'essaie de suivre les tendances, ça sonne faux » Si Twitch lui permet de partager davantage son quotidien et ses ressentis, elle tient à préserver une part de sa vie privée. Son mariage, par exemple, ne sera pas montré sur les réseaux. « J'essaye de garder des trucs pour moi » ajoute-t-elle. 

Strasbourg, son nouveau terrain de jeu

Originaire de Paris, passée par Montréal puis La Rochelle, Fanny a finalement posé ses valises à Strasbourg il y a quatre ans. Un choix que Fanny ne regrette pas. « Je suis très bien ici. C'est une ville à taille humaine, agréable pour travailler, avec beaucoup d'autres créateurs sans qu'on soit un milliard » Si certaines opportunités professionnelles restent concentrées à Paris, elle préfère le cadre de vie alsacien et met régulièrement en avant les brocantes de la région, les bars à jeux, les commerces de seconde main etc.

Son quartier préféré ? Les alentours de la médiathèque André-Malraux, sur la presqu'île. « La médiathèque, c'est mon église sans Dieu », résume-t-elle. Côté bonnes adresses, Fanny recommande le Philibar pour les jeux de société, L'Occas de l'Oncle Tom pour chiner des trésors rétro, le Nomad Café afin de prendre une pause, la friperie Le Léopard pour s’habiller responsable, la Librairie L'Escapade pour les amoureux des livres, et L'Atlantico, en bord de l'eau, pour terminer la journée autour d'un verre.

Publié : 10h46 - Modifié : 11h16
Martin Antoine - Directeur de l'information

Natif de Metz ( et oui ça arrive !), Martin ANTOINE est passé par la Normandie et Paris avant de rejoindre l'Alsace. Formé dans une école de journalisme de la capitale, il a commencé par la radio avant de collaborer avec plusieurs titres de presse écrite. Martin a rejoint Top Music en 2021 pour présenter les flashs de la matinale dans "On est Tous Debout". Une émission à laquelle il participe chaque matin. Depuis août 2024, Martin est également le Directeur de l'Information de la radio.