"Larmes et Courage" : l'hommage aux soignants de Colmar

6 décembre 2021 à 17h21 - Modifié : 6 décembre 2021 à 21h13 par Sebastien Ruffet

Un témoignage factuel et bouleversant de la crise Covid à Colmar
Larmes et Courage, aux Editions Baobab

"Larmes et Courage", c'est le témoignage factuel et bouleversant du quotidien des soignants de l'hôpital de Colmar, lors de la première vague de Covid-19. A l'initiative du chef des Urgences, Yannick Gottwalles, l'ouvrage est un formidable carnet de bord du vécu des personnels au quotidien. On y découvre la gestion des premiers cas, jusqu'aux transferts de patients, avec un regard toujours objectif. Passionnant, et surtout plein d'émotion.

Ils savaient. Et ils s’étaient préparés. Colmar n’a pas été la première touchée par le virus, et Yannick Gottwalles, comme tous ses collègues des HCC, redoutait ce moment fatidique du premier patient Covid+. Il est arrivé là où on ne l’attendait pas : un accidenté de la route, pris en charge comme tel. Peu de symptômes correspondants à ce virus encore méconnu venu de Chine, et surtout des traumas à gérer. Ce n’est qu’après que le constat est là : le virus venait d’entrer dans l’hôpital.

Tout au long de cet ouvrage, on va vivre ce qu’ont vécu les personnels soignants, le matériel manquant – malgré les précautions prises – les réorganisations quotidiennes, les absences, les heures que l’on ne compte plus, la famille que l’on délaisse. Dans les propos du médecin, comme tous ceux qui prennent la parole, on ne blâme pas. On constate.

En France, l'Hôpital est sur un fil

On voit que l’Hôpital, en France, n’était pas prêt à faire face à une épidémie de ce genre. Mais en réalité, qui l’aurait été ? Alors oui, Yannick Gottwalles égratigne ces 15 dernières années de gestion, avec comme critère principal l’argent, et non plus le confort. Il reconnaît pourtant qu’à Colmar, l’établissement n’est pas à plaindre, avec un accueil digne de ce nom pour les patients. Mais comme ailleurs, la vague va frapper presque par surprise. Le vendredi, les premiers malades déboulent, le lundi, tous les services sont déjà débordés, sans savoir comment les prendre en charge.

Quelques jours plus tôt, le gouvernement n’était pas dans une position alarmiste, mais le livre ne lui jette pas la pierre, car les connaissances évoluent alors chaque jour. Emanation de l’Etat, l’Agence Régionale de Santé du Grand-Est en prend en revanche pour son grade. Sans doute efficace pour faire de l’administratif, l’ARS n’est absolument pas compétente dans la gestion de crise. De précieuses heures vont être perdues en début d’épidémie, dans ce « millefeuille à la française » toujours aussi indigeste.

S'adapter, chaque jour

Alors les gens de terrain vont faire ce qu’ils font de mieux : s’adapter, improviser, et parfois aller contre les règles édictées dans les bureaux. Il faut aller vite, réagir, et cela ne peut se faire qu’au détriment d’une hiérarchie trop rigide. La solidarité s’installe, dans l’hôpital, mais aussi autour, avec des entreprises qui donnent un coup de main, des particuliers qui amènent du chocolat ou des viennoiseries. Tout le monde lutte ensemble. C’est ce que raconte « Larmes et Courage », ni plus, ni moins, pour se rappeler, aussi, que cette première vague n’était que la première, et qu’il faut apprendre de ce virus pour que les soignants colmariens, mais aussi tous les autres, puissent faire leur métier dans les meilleures conditions. Avec des moyens, et des patients qui les respectent.


Colmar mais pas que...

Pour élargir le propos, l'ouvrage propose aussi des chiffres de l'épidémie dans le monde, mais aussi des parallèles avec les grandes pandémies qui ont déjà frappé (lèpre, peste, grippe espagnole, grippe asiatique, ebola...). On y ajoute aussi un peu de science pour comprendre ce qu'est ce coronavirus si redouté. Une frise chronologique pour s'y retrouver dans le temps vient aussi compléter le propos.


Extrait du témoignage de Mélanie Gottwalles-Bibert, infirmière coordinatrice aux dons d'organce, et femme de Yannick Gottwalles

"Lorsque leur père rentrait le soir, [les enfants] avaient du mal à le reconnaître. Je n'avais plus un mari mais un zombi : rentrée à 20 heures, dîner face aux infos dans un silence monacal, pour voir l'étendue de la crise ailleurs ; à 21 heures, débriefing avec ses collègues des autres hôpitaux d'Alsace, puis mails en pagaille jusqu'après 3 heures du matin. Et départ à 7h30 pour l'hôpital. Ce rythme a duré 10 semaines. Interminable, inconcevable, insoutenable. Je le voyais s'épuiser mais je savais que c'était son devoir, qu'il ne pouvait pas s'arrêter..." 

 

> Disponible à la vente sur le site des Editions Baobab (cliquez ici)


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