Télémédecine dans les EHPAD du Bas-Rhin : pour un meilleur confort des patients

18 février 2020 à 7h00 par Rédaction

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Laurent Schmoll, directeur médical et co-fondateur de TokTokDoc a fait la démonstration d'une téléc

Un nouveau service inédit de télémédecine pour les EHPAD développé par la start-up alsacienne TokTokDoc a été présenté à Strasbourg. Objectif : gagner en qualité de vie pour les personnes âgées et réduire les dépenses publiques.

Les résidents d’établissements médico-sociaux (EHPAD) du Bas-Rhin n’auront bientôt plus besoin de se déplacer pour consulter un médecin. La start-up TokTokDoc a présenté son concept de policlinique mobile de télémédecine qui sera operationnelle à partir du 12 mars dans huit EHPAD de l'Eurométropole. C’est la seule en France à avoir reçu l’autorisation de lancer cette expérimentation dans le cadre de l’article 51 de la Loi de financement de la sécurité sociale de 2018 : “Expérimenter et innover pour mieux soigner”. Laurent Schmoll, directeur médical et co-fondateur de TokTokDoc explique plus en détail le fonctionnement du dispositif :

Ce seront les infirmières de TokTokDoc qui iront dans les EHPAD pour reccueillir les besoins médicaux. Besoins médicaux qui sont déterminés par les patients d'abord, les infirmières et les médecins coordinateurs, et qui 48 heures plus tard, reviennent faire la téléconsultation en ayant programmé en face, le médecin qui correspond, qui peut être le médecin traitant, ou le médecin spécialiste demandé.

La téléconsultation se déroule grâce à un système de vidéo-conférence. Ensuite, soit elle permet d’établir un diagnostic à distance, soit le médecin estime nécessaire d’orienter le patient vers une consultation physique. Pour Frédéric Bierry, président du Conseil Départemental du Bas-Rhin, ce système représente un réel intérêt médical et économique :

À travers cette démarche, on va améliorer à la fois la situation sanitaire de la personne avec un meilleur accompagnement. On évitera de la déstabiliser, elle ne sera pas obliger de quitter l'EHPAD, donc c'est un vrai plus. Et puis en même temps, on réduit la dépense de sécurité sociale, parce que jusqu'à présent il fallait payer les déplacements jusqu'à l'hopital. Finalement, la télémédecine permet un accompagnement à distance et de qualité.

Donnant-donnant

Cette policlinique mobile de télémédecine tente de répondre à des besoins et des problèmes bien connus aujourd'hui comme la désertification médicale, la surchage du personnel soignant ou encore la difficulté d'accès aux médecins spécialistes. Dans cette optique, TokTokDoc a signé un partenariat avec l’assurance maladie qui reverse 50% des économies que la startup génère pour elle :

Les économies sont dans la réduction du nombre d'hospitalisations évitables, dans la réduction des déplacements, dans l'optimisation aussi des traitements parce qu'il y a un meilleur suivi. Donc on pense effectivement aujourd'hui qu'on est capable de faire économiser l'assurance maladie. Et c'est la-dessus qu'on vient essayer de chercher des économies, avec un reversement non seulement à nous en tant que structure qui coordonne ces soins télémédicaux mais aussi aux établissements qui participent à l'usage de la télémédecine / Dan Grunstein, co-fondateur et directeur général de TokTokDoc

Néanmoins, la télémédecine demande du temps pour habituer tous les acteurs de ce processus à bien le maîtriser, comme l'explique Dan Grunstein, co-fondateur et directeur général de TokTokDoc :

La contrainte, c'est le besoin d'acculturer les gens à une nouvelle pratique. Lorsque vous faites de la télémédecine, vous devez former du personnel, vous avez des fois des médecins qui sont retissents, vous avez des fois aussi des infirmières qui sont rétissentes. Il y a véritablement un accompagenemnt dans la conduite du changement à effectuer : rassurer, former, convaincre que la télémédecine ce n'est pas remplacer la médecine physique, c'est augmenter la médecine physique. Lorsqu'il n'y a pas d'accès au soin, la télémédeince est un excellent levier.

La prochaine étape pour la start-up, se déployer au niveau national, puis en dehors des EPAHD, directement aux domiciles des patients, comme le précise Frédéric Bierry, président du Conseil Départemental du Bas-Rhin :

À termes, cela permettrait aussi à des personnes de rester plus longtemps à domicile avec un accompagnement d'infirmières qui passeront et qui pourront faire elles aussi, en lien direct avec un médecin, des examens nécessaires s'il y a un risque par rapport à une pathologie qui se développerait.