Covid-19 : plus de 200 artistes prêts à se faire vacciner

7 janvier 2021 à 15h00 par Anne-Sophie Martin

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A l'initiative de cette mobilisation des artistes, le directeur du TNS, Théâtre national de Strasbou

Dans une pétition publiée dans le journal Le Parisien, plus de 200 personnalités ont décidé de s'engager en faveur de la vaccination contre le Covid-19. Ils veulent se faire vacciner et l'affirment dans un texte commun. Un casting de choix pour cette pétition : Gérard Jugnot, Nagui, Grand Corps Malade, Arielle Domsbale, Alex Lutz. 

A l'initiative de cette mobilisation, le directeur du TNS, Théâtre national de Strasbourg, Stanislas Nordey. Ecoutez l’interview de Stanislas Nordey

Extraits de l’interview :

"L’idée m’est venue pendant les vacances de Noël. J’avais vu une petite ligne dans les infos disant que des maires en France allaient se faire vacciner et ça été l’étincelle.

J’ai appelé des amis artistes pour tâter le terrain et regarder si l’idée prenait. L’idée est avant tout de se prendre en charge, nous les citoyens, et ne pas attendre que le gouvernement nous incite, nous exhorte, mais que nous, on prenne notre destin en main. Tout de suite ça a répondu, je trouvais que c’était important que l’appel parte du Grand Est, de Strasbourg car on est une région particulièrement touchée. Et en même temps que ce soit un appel national, dans lequel il y a à la fois des gens du cinéma, des gens du théâtre, des gens du théâtre privé, des gens du théâtre public, des écrivains, puisque la liste est longue : elle va de Zabou Breitman, à Gérard Jugnot, en passant par Alain Françon ou Dominique Valadié, mais aussi Laurent Boyer, Olivier Rolin, Nagui, c’est une liste très éclectique."

Tous les artistes contactés ont-ils répondu présents ?

"La réponse était immédiate et enthousiaste. C’est-à-dire aussi bien de ceux qui avouaient eux-mêmes hésiter encore, et qui se disaient  : " Allez bon on y va, parce qu’après tout ce n’est pas la fin du monde de se faire vacciner." Et puis de ceux qui étaient complètement convaincus.

C’était assez joyeux la façon dont ça a circulé. Il y a des gens qui ont pris le relais, Jean-Michel Ribes ou Zabou Breitman, ils ont ouvert leur carnet d’adresses. Et puis là, ça continue, puisqu’au moment où j’ai publié l’appel dans Le Parisien, il y avait 200 signatures et ça continue à signer à tour de bras, ça a créé une forme d’émulation et de chose joyeuse, je voulais que ce soit joyeux. Voilà on a tous des petites réticences peut-être, alors allons-y joyeusement nous faire vacciner, on ne va pas en mourir. Tout d’un coup c’est une porte de sortie, peut-être, à cette espèce de saloperie qui nous colle aux dents."

Vous-même avez-vous été touché par le Covid ? 

"Moi, j’ai été malade dès le début. Au mois de mars dernier, j’ai été par terre pendant un mois, j’ai eu la chance de ne pas être hospitalisé mais j’ai quand même été très affaibli. J’ai des proches qui sont décédés, une grand-mère, Jean-Pierre Vincent, l’ancien directeur du Théâtre national de Strasbourg, c’était quelqu’un qui était important pour moi. J’ai été touché de très près, je n’ai jamais pensé qu’il fallait se faire vacciner en général, je ne suis pas un ayatollah de la vaccination. Je suis un citoyen lambda et je me dis qu’il faut qu’on y aille, qu’on fonce pour sortir de ce truc."

Pour vous, la vaccination, c’est la seule solution ? 

"Aujourd’hui, il me semble, en tout cas, c’est une porte qui s’ouvre sur une sortie possible. Pour le moment, apparemment, celle-ci, est celle qui est la plus viable et la plus évidente et à portée de main.

Je n’aime pas ce règne de la méfiance, on est tout le temps dans la méfiance. La médecine, c’est aussi formidable donc il faut savoir parfois mettre ses quelques appréhensions de côté. Encore une fois, aucun jugement de ma part pour les gens qui souhaitent malgré tout de ne pas se faire vacciner, c’est plutôt une initiative joyeuse. On est un certain nombre à y aller, qui nous aime nous suive ! (...)"

Je lisais le témoignage de Gérard Jugnot dans Le Parisien qui disait : "j'ai confiance en la médecine et j'ai surtout envie qu'on sorte de ce marasme". Le marasme en général et pour le monde de la culture aussi.

"Oui nos établissements sont fermés dans le monde de la culture mais on n’est pas les plus malheureux non plus. Pour les restaurateurs, c’est terrible, ainsi que pour les gens qui tiennent des bars ou un certain nombre de commerçants. On est tous dans la panade donc raison de plus.

Ce n’est pas un appel corporatif, ce n’est pas un appel pour faire rouvrir les théâtres et les cinémas, c’est un appel pour dire : on a envie de manger au restaurant, on a envie d’aller boire le petit café du matin au petit bar, on a envie d’aller au théâtre, on a envie d’aller au cinéma, on a envie de reprendre une vie qui ressemble à quelque chose et qui soit normale et donc pour faire ça il faut se bouger les fesses et allons-y et n’attendons pas. C’était aussi un appel qui était en dehors de la politique. (...) Le politique peut faire des choses mais le véritable levier dans cette pandémie c’est nous ! C’est nous qui contaminons pas le gouvernement.(...)"