Exposition à la BNU : la police judiciaire de Strasbourg a 100 ans

28 juin 2021 à 16h30 par Anne-Sophie Martin

TOP MUSIC
Une scène de crime reconstituée. /@Top Music

La police judiciaire de Strasbourg a 100 ans. Pour célébrer cet anniversaire, une exposition à la BNU de Strasbourg relate l’évolution du travail de la police judiciaire mais aussi les faits divers les plus marquants qu’a connus la ville de Strasbourg.


Mise à jour 28/06 : Franc succès pour l'exposition. L'exposition sera de nouveau ouverte au public du 1er au 7 juillet à la BNU de Strasbourg.


Interview du commissaire Alexandre Lohr, chef état-major DZPJ (Direction zonale de police judiciaire) Est.

Quelles sont les grandes évolutions qu'a connues la police judiciaire ?

Les grandes évolutions de la police technique et scientifique, c'est évidemment dans les années 80, la création du FAED (Fichier Automatisé des Empreintes Digitales) et puis après la révolution génétique dans les années 90 avec le FNAEG, Fichier national automatisé des empreintes génétiques. Tout d'abord, c'était restreint à un certain type d'infraction, notamment les infractions sexuelles, ça a évolué au fil des années et on voit bien que ça contribue de manière fondamentale à la résolution des enquêtes judiciaires. L'aveu, n'est plus la reine des preuves mais la preuve scientifique prend de plus en plus d'ampleur.

Quelles sont les pièces maîtresses de cette exposition sur le centenaire de la police judiciaire de Strasbourg ?

On expose par exemple des tenues d'intervention de la BRI. Un autre mannequin expose la tenue d'intervention de la police judiciaire, qui est une police qui exerce ses fonctions en civil. Mais lorsqu'on intervient, il faut qu'on soit remarquable, identifié en tant que policier.

On présente une scène de crime d'époque, en 1920, que l'on compare à la scène de crime de 2020. On voit que les moyens ont grandement évolué, notamment avec le luminol qui permet de faire apparaître des traces de sang latentes. On voit que les équipements des collègues policiers techniques et scientifiques ont également évolué. En fait, toutes les méthodes ont évolué, ne serait-ce que sur les plans de constatation de scènes de crime qui étaient rudimentaires à l'époque. Maintenant, on fait des plans 3D par nuage de points : tout ça est exposé aujourd'hui.

On a une pièce qu'on est content de pouvoir exposer : le buste d'Alphonse Bertillon, l'inventeur de la police technique et scientifique française. C'est un buste unique qui nous a été prêté par la police technique et scientifique de Paris. On a également un appareil photo très ancien, une pièce unique, qui nous permettait d'effectuer des signalisations de mise en cause, c'est une très vieille pièce exposée ici.

Quelles sont les dernières technologies utilisées par la police technique et scientifique ?

On peut parler de l'odorologie, de la morphoanalyse, l'analyse des traces de sang, ce sont essentiellement les dernières nouveautés.

Dans cette exposition, essayez-vous aussi de rectifier la réalité de la police judiciaire et de dénoncer certaines visions de la PJ dans certaines séries télé ? 

Justement, l'objet de cette composition c'est de montrer la police judiciaire telle qu'elle est et pas tel qu'on la conçoit, au-delà des polémiques et de tous les fantasmes qu'on peut avoir sur la police judiciaire... L'intérêt ici est de présenter ce qu'est la police judiciaire de manière objective et presque intellectualisée.

Vous présentez les faits divers les plus marquants à Strasbourg, quels sont les faits divers qui ont été les plus médiatiques ?

L'affaire la plus médiatisée, c'est l'affaire Plumain. C'était un tueur en série qui œuvrait également en Allemagne, de l'autre côté de la frontière (il avait tué trois femmes en 1999 et 2000, à Kehl et dans la forêt de la Wantzenau, ndr). Il a pu être arrêté grâce à un bon travail de police judiciaire au sens noble du terme avec des auditions bien menées qui ont permis d'obtenir des aveux. 

Plus récemment, on pourrait aussi citer les attentats de Strasbourg en 2018, qui ont vraiment marqué localement et dont la police judiciaire de Strasbourg était co-saisie. En fin d'exposition, nous évoquons toutes les thématiques qui nous occupent actuellement : le cybercrime, la lutte contre le terrorisme, contre le proxénétisme, la lutte contre les stupéfiants qui est une priorité ministérielle actuelle. Tous ces thèmes sont évoqués.


L’exposition revient du jeudi 1er juillet au mercredi 7 juillet, entre 14h et 19h à la Bibliothèque nationale universitaire de Strasbourg, 6, Place de la République à Strasbourg. L'exposition sera fermée le dimanche 4 juillet.