Délinquance : amélioration globale dans le Bas-Rhin

3 février 2022 à 11h46 - Modifié : 3 février 2022 à 13h51 par Sebastien Ruffet

Des chiffres globalement en baisse
Les chiffres 2021 ont été présentés devant la presse ce 3 février
Crédit: @Top Music - SR

La préfecture du Bas-Rhin a présenté les chiffres de la délinquance pour l'année 2021. Un bilan jugé positif au global, même si les violences intra-familiales représentent un point noir.

C'est une avalanche de chiffres qu'ont envoyée la préfète Josiane Chevalier, le directeur départemental de la sécurité publique Laurent Tarasco, et le commandant du groupement de gendarmerie du Bas-Rhin Jude Vinot. Pour résumer : ça va mieux. Pour éviter tout biais d'interprétation, les chiffres de 2021 ont été comparés à ceux de 2019, 2020 apparaissant comme une année "anormale", du fait des deux confinements. 

2021 a tout de même présenté ses propres particularités, avec des contrôles liés à la Covid qui se sont multipliés (port du masque, pass sanitaire...), sans compter les fêtes sauvages. En plus des faits de délinquance (on va y venir), une ville comme Strasbourg accueille quelque 600 manifestations de tous genres sur une année (social, culture, sport...), ce qui demande aussi la mobilisation des forces de l'ordre. Pas le temps de s'ennuyer. 

Le Bas-Rhin est divisé en deux secteurs : police (Strasbourg, Haguenau, Sélestat) et gendarmerie (territoires plus ruraux). Deux entités qui fonctionnent en parfaite intelligence et qui communiquent au quotidien, car il existe "une vraie porosité de la délinquance", comme l'a souligné Laurent Tarasco. "Un trafic de drogue ne s'arrête pas aux portes de la ville, par exemple. Les points de deal, les consommateurs, peuvent être en zone rurale." A noter que la gendarmerie gère environ 60% de la population du Bas-Rhin, mais plus de 500 des 514 communes du département. Au 17, police comme gendarmerie enregistrent, chacune, environ 37000 appels chaque année. 

Les chiffres positifs

- La délinquance générale baisse de 1,5% par rapport à 2019

- Atteintes aux biens : - 9%

- Cambriolages : - 3%

- Violences physiques crapuleuses : - 30%

- 350 affaires de stupéfiants traitées / 90kg de produits saisis / 30 points de deal identifiés et démantelés

- Incendies de véhicules : 360 contre 698 en 2019

- Incendies de poubelles : 528 contre 691

- 74 opérations anti-rodéos (+250%) pour 35 interpellations et 35 engins saisis

Le cas des affaires familiales

C'est le point noir de la présentation : les violences intra-familiales ont nettement augmenté (+30%), et représentent aujourd'hui 9% des affaires en zone gendarmerie. Les autorités y voient davantage une libération de la parole, comme l'a rappelé Josiane Chevalier : "Les policiers sont aujourd'hui mieux formés pour prendre en compte ces violences conjugales. Les femmes - en grande majorité - ont moins peur de s'exprimer et de dénoncer un conjoint violent." Des faits appuyés par Jude Vinot, qui note que "les gendarmes ont été formés à l'accueil, aux problématiques mais aussi au suivi, qui permet d'accompagner vers les services sociaux. La moitié des cas n'étaient pas connue des services sociaux." Laurent Tarasco précise : "Nous avons fourni un gros effort pour rattraper notre retard. Quand un dossier traîne trop longtemps, les faits se répètent, il peut y avoir un sentiment d'impunité, qui peut conduire à un drame. Aujourd'hui, tout est traité en temps réel. Un dossier arrive, il est traité immédiatement, et si c'est nécessaire, on sépare la famille pour protéger la femme - et les enfants.

Une nouvelle forme de délinquance

Des moyens supplémentaires vont devoir être mis en oeuvre au niveau de la cybercriminalité, qui pose de nombreux problèmes, "avec des sites basés à l'étranger", rappelle Laurent Tarasco. Josiane Chevalier, elle-même, a avoué lors de la conférence de presse, avoir été visée par des menaces de mort, et une plainte a été déposée. Sur le terrain, les cas d'incivilités, de violences se multiplient, notamment envers les élus. C'est pourquoi la gendarmerie a mis en place une formation "très appréciée par les près de 500 élus que nous avons rencontrés", raconte Jude Vinot. "Les maires des petites communes sont en première ligne, ce sont eux les premiers sur les lieux, donc on leur a appris à gérer ces incivilités. De même, on les accompagne dans la sécurisation de leurs systèmes informatiques, avec le dispositif Immunité." 

Et pour 2022 ? 

Avec un taux d'élucidation des faits de 39%, le Bas-Rhin se classe parmi les très bons élèves. Les effectifs ont été renforcés en 2021, du matériel est arrivé (nouveaux véhicules, ordinateurs, tenus tactiques, caméras piétons...) et la priorité "restera la sécurité au quotidien" pour Josiane Chevalier. "Nous n'avons pas vocation à commenter les débats actuels. Ce que l'on sait, notre ADN, c'est que la première liberté, c'est la sécurité de chacun. C'est notre mission régalienne par excellence. Nous continuerons à mettre un maximum de personnels sur le terrain, avec deux grands axes : la lutte contre les stupéfiants et la lutte contre les violences intra-familiales.

 


Laurent Tarasco DDSP
Laurent Tarasco est le nouveau DDSP du Bas-Rhin. Il a pris ses fonctions il y a quatre mois.
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