Pas touche aux prairies fleuries

16 juin 2022 à 14h39 - Modifié : 16 juin 2022 à 20h54 par Céline Rinckel

Julie dans l'une de ses prairies à Urbeis
Julie dans l'une de ses prairies à Urbeis
Crédit: Top Music - CR

On en parle peu mais la prairie est aussi une production agricole. En été, une partie des prairies est pâturée par les animaux et une autre partie fauchée pour les réserves d’hiver. La Chambre d’agriculture d’Alsace rappelle qu’il ne faut donc pas toucher à ces prairies fleuries. Explications avec Julie, agricultrice à Urbeis.

Au fond de la Vallée de Villé, à Urbeis, la Ferme Humbert est bien connue pour ses yaourts, son lait, sa crème, son beurre, sa glace mais aussi sa viande. Julie Diette est la gérante. Elle est éleveuse de vaches vosgiennes et transforme le lait et la viande avec quatre salariés. Ses animaux, dont 30 vaches, sont nourris à 100% avec de l’herbe (il n’y a aucun autre aliment, aucune céréale). « D’où l’importance capitale de la prairie », précise Julie qui a obtenu le 1er prix national du Concours Général Agricole des Pratiques Agro-écologiques Prairies & Parcours 2022, dans la catégorie prairie humide de Montagne. Pour avoir un fourrage de qualité, en quantité et goûtu pour l’hiver, les prairies ne doivent pas être piétinées par les randonneurs : pique-niques et promenades avec les animaux y sont à proscrire.

Julie Diette, agricultrice à Urbeis

Ces prairies, c’est également un plaisir pour les yeux de l’habitant et du promeneur. Par contre ça reste la nourriture des vaches. Donc c’est super important de ne pas marcher dedans, ne pas piétiner, ne pas laisser de déchets. On en profite en marchant à côté : il y a plein de sentiers qui existent. Donc on reste bien dans les sentiers, c’est important pour l’alimentation des vaches et aussi pour la biodiversité. On essaye de ne pas détériorer les plantes qui y poussent.

Un réservoir de biodiversité

L’herbe, c’est finalement le tout début du circuit-court : il faut produire une bonne herbe pour produire de bons produits. Dans la Vallée de Villé, tout comme dans la Vallée de la Bruche voisine, les prairies fleuries (ou prairies naturelles) sont le garde-manger des animaux. Il faut préserver ce patrimoine ! Les prairies sont gérées non intensivement ce qui permet aussi de préserver la ressource en eau. Chaque prairie compte entre 30 et 40 espèces végétales : c’est un réservoir de biodiversité.

Julie Diette, agricultrice à Urbeis

Nous on a choisi de les nourrir exclusivement à l’herbe. Elles n’ont pas du tout de céréales, pas de sojas et autres choses qu’il faut cultiver. C’est assez peu répandu, mais nous on a choisi ça pour plein de raisons. Déjà parce qu’on ne fait pas de céréales, donc il faudrait les acheter, donc c’est économique. Egalement tout simplement parce que la vache est un ruminant donc elle mange de l’herbe, pas de la céréale. On est en montagne, on a de la superbe herbe de superbe qualité. On a choisi la race vosgienne qui valorise très bien cette herbe : c’est-à-dire qu’elle sait faire du lait et de la viande avec juste de l’herbe. Une herbe de qualité, c’est déjà une herbe diversifiée : des graminées, des légumineuses et plein d’autres petites plantes, on peut parler de plantes presque médicinales. C’est ce qui fait aussi la couleur dans les prairies. C’est ce qui donne le goût au lait. C’est ce qui donne envie aux vaches de manger cette herbe aussi. Et puis c’est une herbe qui reste verte un peu toute l’année. Ça devient un peu compliqué en ce moment avec le changement climatique. Mais l’important c’est ça : c’est qu’il y en ait toute l’année aussi pour qu’on puisse nourrir nos animaux toute l’année, en vert au pâturage ou en sec en faisant le foin qu’on fait en ce moment. C’est la saison des foins qui va permettre de nourrir nos animaux pendant l’hiver.

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Si un poste dans un ferme de montagne vous intéresse, notez que Julie et son équipe recherchent un nouveau collaborateur très polyvalent !

A noter que Julie est aussi la présidente de l’Association des Producteurs Fermiers de Montagne (APFM) qui regroupe 35 exploitations agricoles, situées dans la Vallée de la Bruche et dans la Vallée de Villé.

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